dimanche 24 août 2008

Dans la nuit de lundi à Mardi

Les pas rapides de Gontran sont avalés par le froissement sourd de la neige fraîche. Dans les ruelles du quartier de l'épée, le jeune paladin court maintenant, les yeux accrochés à son épée, tenue bien haut. Elle irradie un halo blanc produit par les invocations divines de Lyta. Parti devant, il ne c'est trouvé que Lou et Pimouss pour le suivre, et les yeux, de la jeune demi elfe comme ceux du loup des neiges, seraient plus habillent sans cette lumière aveuglante.

Largement distancée, Lyta, Xxisx et Piterakk marchent d'un pas plus assurés malgré les récents événements. La neige tombée en fin de journée renvoi les reflets bleutés d'un lune encore à moitié pleine. Eclairée par les lumières froides de l'astre nocturne, l'agitation Arckopolitaine parait pétrifiée sous un manteau neigeux qui recouvre maintenant toutes les habitations.

Arrivée devant la demeure du chevalier Orion, la druide et le paladin ont la surprise d'être accueillit par Elga qui leurs ouvrent la porte lorsqu'ils essai d'y faire jouer la lourde clef. Ils sont bientôt rejoints par leurs amis, alors que la vieille femme explique sur un ton embarrassé qu'elle souhaite sincèrement faire amande honorable pour son erreur.

La servante de cette demeure ne semble pas un instant affecté par les tenues maculées de sang que la troupe affiche à son retour. Elle explique cependant qu'elle a préparée un bain d'eau chaude, dans un large bac installé auprès du feu dans la salle de la maison. Et il est vrai que tous en ont bien besoin. La petite troupe prend enfin conscience du sombre état de ses tenues. Le pelage clair de Pimouss est moucheté de tâches rouges, mais ce n'est rien en comparaison de sa face et de sa gueule, baignée dans un sang qui a séché en agrégeant des boules de poil. Le torse du paladin n'affiche pas moins d'hémoglobine. Un mauvais contrecoup d'épée fut porté sur son bras déchirant la chemise blanche qui ornait son gilet de cuir. Les tissus clairs et lacéré a bu le sang de l'entaille alors ouverte. Les deux jeunes femmes, bien que moins atteintes, se sentent plus souillées encore par la récente lutte à mort.

Piterakk, qui fut le seul à ne pas sali sa robe de mage avec le sang des brigands décida de rejoindre sans plus attendre la pièce froide emplie des savoirs profanes du chevalier Orion, préférant aux discussions chaleureuses du rezdechaussée et à un repos bien mérité les textes hermétiques et ésotériques de l'étage. Sous les lumières blafardes de sa chandelle la pièce semble encore plus mystérieuse.

Le rougeoiement des flammes de la cheminée peint une joyeuse ambiance sur les murs et les vitres givrées de pièce principale. Chacun se détend alors enfin. Les jeunes demi elfes se disputent amicalement le bain chaud à la courte paille. Lou sera la première; Et sans véritable pudeur, elle s'installe nue dans le bac emplis d'une eau chaude et délassante autour duquel Xxisx a suspendu des draps qu'Elga lui a procurée. Lyta, il est vrai avait jugée nécessaire de faire un brin de toilette dans une eau glaciale en début d'aprèsmidi, mais elle sait déjà qu'elle ne cèdera pas son tour. En attendant elle discute, avec Gontran qui grignote quelques grains d'une grappe de raisin posée dans une corbeille de fruits, sur la table. La discussion reprend des événements de cette interminable journée.

Une journée qui s'inscrivait pourtant déjà dans la continuité d'une nuit sans sommeil. Dans les brumes de l'aube il y eu d'abord cette rencontre avec Daman Alkebir, personnage étrangement vêtu, arborant une perle noire en pendentif à l'oreille droite et une longue queue de cheval au dos d'un crâne rasé de prés. Il leurs offrit une carte de la cité et sollicita leurs service, sans en dire d'avantage, en l'échange d'un pendule enchanté. Un rendezvous a été pris pour le mercredi soir, à l'auberge de la cigogne noire. Puis il y eu la séparation d'avec Zach qui leurs promis de revenir les voir tantôt lorsqu'il serait installé, lui aussi dans le quartier de l'épée. Ensuite Gontran pris la route de la caserne du Temple, alors que le reste de la troupe visitait la ville. Ils remontèrent les berges, puis passant "le pas", c'estàdire les marches qui permettent de passer d'une terrasse de la ville à l'autre, ils arrivèrent dans le quartier des cerisiers. Quartier emplis de demeures prestigieuses et d'hôtels particuliers qui laissèrent la troupe sans voie. En y repensant cependant, Lyta et Gontran se firent la remarquent qu'ils avaient croisés quelques riches d'habitants portant des bandages discrets couvrant quelques blessures ou infections. Lou, depuis l'arrière des draps qui protégeaient son intimité, ajouta que moins sensible aux monuments de la ville que les deux autres, elle avait remarquée nombre de personnes ainsi panser et qu'elle avait crue distinguer sur plusieurs des traces de brûlures aux abords des compresses et autres gazes. Le midi arrivé, il y eu la rencontre avec les sympathiques gérants de la cigogne noire. Bien que dans la force de l'age Tillet et sa femme Aureline tout deux bien en chair rayonnent d'une générosité contagieuse. Groby, impressionnant enfant géant que l'on devine candide, semble avoir attrapé le virus joyeux de ses tuteurs tout autant que leurs goût pour la bonne chair. L'aprèsmidi permis aux trois amis de découvrir la demeure de leur hôte. Piterakk appris que les dernières préoccupations du chevalier Orion concernaient la disparition d'un médecin du nom d'Exalim Polerte. Pendant ce temps, Les deux femmes de la maison retournèrent à l'auberge de la cigogne noire ou elles retrouvèrent le paladin en train de discuter, choppe d'hydromel à la main, des angoisses de la ville. Il y a d'abord les mystérieux enlèvements de femmes retrouvées vivantes mais aveuglées et écorchées sur toute la surface du ventre, complètement hébétées et amnésiques. Les entaillent pratiquées représentent un pentacle autour duquel sont inscrits sous la forme de griffures des caractères draconiens anciens. Ce sordide fait divers, bien qu'insignifiant à l'échelle de la ville, semble faire plus de bruit encore que les tombes pillées ou des nécrophages se sont alimentées à plusieurs reprises c'est derniers temps. De retour à la maison pour la tombée de la nuit, Lyta eu la mauvaise surprise de découvrir l'enlèvement, par la garde, de Xxisx, "pour prévenir tout risque de fuite" en attendant que la validité des actes de propriété soit avérée. Le repas du soir c'est alors montré indigeste, surtout pour la prêtresse indignée. Puis, la nuit venue, il y eu la visite nocturne au Guet, et à son commissaire criminel, Réric Leblond apprit au groupe la découverte du corps de la troisième disparue, corps qui serait présenté au public pour identification le lendemain matin. De retour les ruelles du quartier du guet furent assassinent. Et la rixe entre le groupe et quelques brigands acheva cette journée exténuante. Les deux femmes saluèrent le courage de Gontran. Xxisx qui remercia le groupe de ne pas l'avoir laissé croupir une nuit entière dans les geôles malfamées du guet fit néanmoins la remarque qu'il n'avait probablement pas était très habile de partir à sa recherche ainsi équipés de baluchons lourdement chargés et de bourses bien remplies. Remarque que les trois personnes concernées dans la pièce jugèrent pertinente pour une prochaine sortie en ville, de jour comme de nuit. Lou conclus que cette cité souffrait de tous les maux auxquels on pouvait s'attendre, et qu'il ne pouvait décidément rien sortir de bon de l'entassement de cinq cent mille âmes prisonnières des mêmes murs.

Tout en écoutant ce résumé de la journée, Gontran, qui n'a soufflé mot de sa visite à la caserne du temple, prenait conscience de la beauté des deux femmes avec lesquelles il était maintenant logé. Chacune à sa manière, et dans un style très différent, mêlent noblesse des traits elfiques et vitalité du caractère humain.

Une heure plus tard, lavés et nourrit, les deux demi elfes et l'humain prirent quartier dans leurs chambres respectives. Si Lyta trouva le sommeil rapidement, se fut le cas ni pour Gontran ni pour Lou. Le premier, cerné par l'obscurité, garda le regard fixé sur la petite flamme de sa chandelle. Dans le cœur de la nuit, il affrontait des démons bien plus angoissants que les quelques brigands auxquels il fit goûter de sa lame tantôt. Lou, elle, restait le regard rivé vers le balcon et la cours intérieure. Le tableau que cadrait le bois de la porte vitrée lui donnait à voir en teinte de bleus nuit les traits de son loup des neiges installé auprès d'un mélèze centenaire contre un lierre grimpant gelé. Lou n'aurait pu supporter d'être prise entre les murs étriqués de sa chambre, sans cette image réconfortante qui lui permettait d'échapper par l'esprit à l'oppressante omniprésence d'Arckopolis.