dimanche 24 août 2008

Jeudi, quelques heures avant l’aube,

Tout comme Ambre et Pitterakk, Sir Gontrand s’endort serein. Les démons nocturnes ne viendront pas hanter son repos. Son corps est trop épuisé, et son esprit trop réjoui par cette soirée martiale. Il y eu d’abord cette course poursuite dans la ville. Une course après un sorcier à l’aura maléfique qui bondissait sur les balustrades des foyers Arckopolitains. Quel magnifiques lancé de hache ! Elle fendit l’air pour venir se loger entre les deux omoplates du mage. Le paladin se souvient aussi des créatures masquées empestant des relents de souffre et de salpêtre. La prêtresse d’Elhonna dévoila alors l’étonnant pouvoir que lui confère sa foie inaliénable en la vie. Sous le murmure de ses prières sincères le symbole religieux de la jeune métisse irradia une puissante aura bleue percée de rayons turquoise. Et ces lumières astrales embrassèrent la peau des abjectes créatures qui se consuma comme un parchemin sous le feu. Leurs épiderme sombre se détachait en lambeaux racornit et rougeoyant alors que les corps cadavériques convulsaient, agités par de violents spasmes. La dévotion du paladin pour l’accomplissement de ce qui est juste ne lui permet pas encore d’arriver à ce résultat, mais il sait que nombre de ses aînés en son capables et il attend ce jour ; patiemment.

Lyta, elle aussi est exténuée. Elle c’est, aujourd’hui encore, vaillamment battue, et dans cette ville les journées semblent interminables ! Les deux guérisseuses de l’équipe arrivent à épuiser, chaque jour, tous les charmes curatifs que leurs confèrent leurs conditions respectives. Implorant Elhonna de rejeter les cadavres dans l’abysse, Lyta découvrit combien les soins qu’elle apporta le matin même aux malades du quartier du guet avaient élevé sa foie. Au cœur de ses prières elle retrouva le touchant souvenir des artistes peintres et tailleurs de pierre qui lui proposèrent d’illustrer l’emblème de sa déesse sur la matière première qu’elle pourrait leur fournir. Il y avait aussi l’image de la bohémienne et de sa jeune sœur qui empli son cœur de compassion. Et ses prières furent entendues avec force ! Jamais elle n’eu imaginée que sa dévotion et sa piété puisse a ce point anéantir les nécrophages, tétanisés, calcinés ! Allongée dans son lit, la prêtresse trouva encore l’énergie de louer une dernière fois sa déesse avant de s’abandonner à un repos salvateur.

Au rez-de-chaussée, Xisxx observe Ramoth qui est installé sur la table, assis sur le rond de sa queue. Le dos appuyé contre le mur le petit pseudodragon tient fermement dans ces pattes arrière une large boule de pain, utilisant les frêles serres qui ornent ses pattes avants pour apporter à sa gueule la mie dont il se délecte. Il s’est parait, pour ce festin, de couleurs vives de rouge vermillon, d’ambre, de vert Emeraude et de lapis-lazuli. Jusqu’alors l’homme lézard c’était escrimé à déchiffrer les « mémoires de Visixx Xiffiv », et le peu qu’il parvient à comprendre des écrits draconiens le touche profondément. Pour ce qu’il en perçoit, les textes de son aïeul sont l’expression d’une grande sagesse acquise malgré une vie dévouée à la servitude des dragons, puis à celle des hommes. Xisxx se promet de déchiffrer entièrement ce manuscrit pour l’enseigner à ceux de son peuple qui seront près à l’écouter.

Lou, qui a déjà finie sa nuit, est allée dans le jardin adossé à la demeure du chevalier. Le plein air lui est nécessaire pour se recueillir sur la mémoire des anciens. Absorbée par ses méditations, immobile, elle reste agenouillée dans la neige devant les mélèzes centenaires que les premières lueurs de l’aube dévoilent timidement. Une fois accomplie ses contemplations matinales, elle reprend progressivement conscience de son environnent. Le soleil ne semble pas pressé de se lever, mais un vent glacial souffle par rafales des fines particules de neige qui étaient accumulées sur les toits alentours. Le loup, allongé auprès de son maître, a les yeux rivés vers le ciel hivernal qui s’est chargé de lourds nuages noirs. La demi elfe pressent qu’une tempête spectaculaire se prépare et l’espace d’un instant, elle se prend à implorer les cieux que ce ne soit pas un signe de mauvais augure pour la journée à venir.