dimanche 24 août 2008

Vendredi matin, après la tempête,

Dans l’âtre de la cheminée un feu qui brûle sans interruption depuis deux jours dispense une chaleur salvatrice. Ambre, Lou et Sir Gontrand ont renoncé à leur course-poursuite. Et les compagnons pansent maintenant leurs plaies sous le regard malveillant du bourgmestre Aldrik Darckoon. Dans le jardin gisent les corps de l’étrange créature mi-homme mi-dragon et du jeune nécromant que personne ne semble vouloir identifier comme le docteur Exalim Polerte. Pourtant le groupe en est certain, ils tiennent là l’homme de l’ombre qui manipulait la Sainte-Vhème aussi bien que le bourgmestre et les riches bourgeois de cette cité. Il leurs faut encore en faire la preuve, et cette preuve se cache au fond des égouts nauséabond de la ville, ils en sont persuadés. Ramoth, qui arbore de magnifiques couleurs aux reflets métalliques, distrait la jeune sœur presciente de Celina. Le pseudo dragon la conduit avec bienveillance au plus profond d’un sommeil sans rêve. Les jeunes héros sont maintenant installés autour de la table de la pièce de la maison, où ils mangent silencieusement quelques fruits et du pain. Pitterakk profite de ce moment de détente pour lire à haute voie un parchemin qu’il a sorti de sa pèlerine …

Ce texte est la synthèse des notes du mage Pitterakk, à la suite de divers lectures dont les plus notables sont : les « mémoires du scribe Visixx Xiffiv », les « divinations oniriques d’Isd’Gaart » et les « notes de lecture de Sir Darckoon ». L’objet de cette synthèse et de mettre en lumière les faits de drackonologie, avérés et vérifiables, afin de défaire les discours occultes et eugénistes qu’utilisent certains manipulateurs au sein des grandes cités tel qu’Arckopolis. Aussi, renonçant à tout écart ésotérique et cabalistique, le scribe choisi de rédiger ce texte dans un langage simple et accessible au plus grand nombre.

Il est de notoriété publique que nous vivons dans le troisième age, et plus précisément dans la période post-elfique dite « des grandes cités». Cette période succède donc aux siècles elfiques durant lesquels la domination des cultures elfes imposa paix et sagesse sur les terra occidentalis et au-delà. Le temps des elfes, qui s’étale sur plus de huit générations –environ deux millénaires–, c’est terminée brutalement avec le schisme downien il y a moins de huit cents ans. Il succédait lui-même aux « temps obscurs » qui initièrent le début du troisième age – et non le début du monde comme semble le croire certains illettrés. Il est vrai, cependant, que le début de notre age fût d’une brutalité extrême, et que la plupart des races intelligentes y forgèrent leurs qualités martiales. Durant plus de dix siècles l’essentiel des peuples et des régions du monde ont guerroyés pour se partager les terres laissées en friches. Les continents et les océans pourtant avaient connus la domination d’un peuple souverain avant cette période de jachère. Et les différentes races humanoïdes (elfes et humains notamment) ne furent que les enfants oubliés du second age. L’auteur veut, par ce texte, clarifier l’histoire connue du second age.

Le cercle plus restreint des lettrés n’ignore pas que le second age fut celui des dragons. Cependant cet aphorisme travesti la réalité en laissant imaginer une domination disputée là ou les textes érudits décrivent une hégémonie sans partage, exercée par un peuple alors seul détenteur des grands secrets cosmiques. En ces temps reculés l’empire des dragons était à ce point universel que nul horizon de notre monde n’échappait au regard de l’un de ses sujets. Si l’on peut dater avec certitude la fin du second age – sur la base des récits épiques de Darckoon le glorieux notamment – il y a prés de trois millénaires, il s’avère bien plus délicat d’en déterminer le début. Mais avant de débuter la description des grandes frasques du second age il est nécessaire de décrire le premier, ou, pour être plus précis, la connaissance profane que l’auteur a pu acquérir à ce propos.

Les plus instruits des grands secrets ésotériques savent que notre monde, appelé « plan primaire » fut, en des temps immémoriaux, le théâtre de terribles affrontements entre les dieux les plus puissants. Ce que les dragons nous enseignent c’est que cinq être divins qu’ils nomment les dieux primaires se trouvaient derrière chacun des affrontements du fond des ages. Les dieux primaires s’appelaient : Primus, Angelis, Baa’al, Orcus et Krii’ilés. Ils représentaient les cinq extrémités des desseins universels. Angelis était animé par la bonté et la droiture, alors que Baa’al ne recherchait que la tromperie et la cruauté. Orcus appliquait une intransigeante organisation dans l’orchestration de la souffrance de chacun, et Krii’ilés, profondément charitable et bienfaisant était exaspéré par les travers de l’ordre et de l’autorité. Dans ce tableau fait de quatre motivations antagonistes Primus venait se posait en cinquième modèle de pensé. Là ou chacun des quatre autres voyaient une vérité primordiale, Primus ne voyait qu’un « point de non-retour » qu’il fallait éviter « à tout pris » en lui opposant un autre point de non-retour.
La création du plan primaire, pas même les dragons les plus érudits ne semble avoir été capable de la dater. Certains d’entre eux argumentaient d’ailleurs que « le monde avait toujours été monde » et que, aussi inconcevable que cela puisse paraître à un individu, les déités primaires s’y était affrontées depuis une éternité.

Cet age premier est difficile à imaginer autant qu’à décrire. Les combats incessants n’impliquaient pour l’essentiel que des forces surnaturelles. Les enchantements divins rasaient les terres et évaporaient les océans en un jour ; là même où ils avaient bâtis des cités gigantesques et produits des forêts luxuriantes la veille. Ce malstrom versatile ne contentait véritablement aucun des protagonistes, mais Primus y voyait un enchaînement de mouvements transitoires qu’il se contentait d’entretenir à la recherche d’un impossible équilibre. En cela il trouvait toujours le soutien de l’un des protagonistes. Ainsi sans être avéré, on peu penser que le premier age fût au fond, l’age du dieu Primus.

La légende raconte qu’il arriva un jour, où éclot, dans cet age de changement perpétuel, un être en dehors de tout regard divin qu’il fut céleste ou abyssal. Il n’était le fruit d’aucune déité, ou du moins, naquit-il hors de tout domaine astral, c'est-à-dire dans un désert qui n’était animé par aucune volonté supérieure. Dans cette steppe incroyablement aride, balayée par les vents tantôt glaciaux, tantôt brûlants la petite créature trouva la ressource de survivre et elle su rester cacher au macrocosme. Il s’agissait d’un petit être en bien des points semblable aux pseudo-dragons qui demeurent dans certains forets enchantées. La créature en question ne mesurait que quelques dizaines de centimètres et n’était ni particulièrement forte, ni particulièrement intelligente, mais elle possédait une étonnante habilité pour changer d’apparence et ainsi tromper les vigilances les plus acérées. Cet être, que les dragons appèlent l’« Aïeule », utilisa longtemps son don pour se cacher aux yeux du monde, et surtout aux yeux des forces divines qui y opéraient. L’Aïeule observa attentivement chacune des actions de chacun des dieux primaires, et ainsi conclu t’elle qu’elle ne trouverait le salut auprès d’aucune des déités existantes. Chacune faisant passait l’extermination de son contraire avant tout autre cause, les quatre ennemis n’offraient aucune garantie de développement pour les êtres inférieurs. Primus, lui, se montrait aussi généreux pour doter ses alliés avant le combat que prompt à les dépouiller lorsqu’ils en revenaient victorieux. Ceci était destiné à « maintenir l’équilibre de toute chose, dans le microcosme comme dans le macrocosme ». Aussi, réfutant toute attitude rationnelle, en marge du bien autant que du mal, en marge de l’ordre autant que du chaos, l’Aïeule décida qu’aucune des motivations qui animaient les cinq dieux primaires ne méritaient son engagement et donc son rattachement tacite à une tutelle divine. En esprit comme en matière l’Aïeule appris le polymorphisme.

Choisissant un aspect anodin, l’habile créature finit néanmoins par offrir ses services à Primus, qui lui confia un objectif simple. Victorieuse, elle se fît pourtant passer pour morte, et son don l’y aidant, elle trompa ainsi son mandataire. Recommençant inlassablement, et dupant la vigilance du divin maître des équilibres, elle accumula expériences et magies bien au delà de ce qu’aucun être du microcosme d’hier comme d’aujourd’hui ne peu imaginer. Cherchant des objectifs toujours plus ardus elle acquit une taille gigantesque et des pouvoirs innombrables. Elle traversa ainsi l’éternité, ou du moins plus de dix millénaires selon les écrits d’Isd’Gaart. Chaque combats la rendant plus puissante, l’Aïeule finit par approcher le divin. Il arriva cependant qu’elle accepte une mission qui s’avéra être sans victoire possible. Angelis et Baa’al s’étaient engagés dans un combat au corps à corps, qui ne pouvait se terminer que par la mort de l’un des deux dieux primaires. Devant le danger d’un effondrement de l’équilibre du macrocosme tout entier Primus offrit des pouvoirs titanesques pour intervenir dans ce combat fatal. L’Aïeule déjà surpuissante fut néanmoins nantie d’enchantements plus puissants encore. Cependant, une fois arrivé sur les lieux de l’affrontement divin, elle compris qu’il n’existait aucun moyen de les séparer sans qu’elle-même périsse. Révélant sa vraie nature, elle les ingérera tous les deux d’un seul coup de gueule. Ainsi, Angelis et Baa’al furent engloutis dans une seule bouchée sans qu’ils trouvent ni l’un ni l’autre le moyen de se sauver.

Après cette ingurgitation deux fois divine l’Aïeule s’enfuit convaincue du courroux de Primus. Et le dieu entra en effet dans une rage folle. Cependant, fuyant les regards de son maître abusé, elle pu mettre au monde les deux œufs prodigieux issus de son festin. Elle chercha à les cacher à l’aide de tout le savoir qu’elle avait accumulée. Concentrée sur cette tâche maternelle essentielle elle baissa sa garde quelques instants et fut perçue par Primus. Il est dit qu’il ne fallu que le temps d’un battement d’aile de papillon pour que le divin maître des équilibres terrasse l’Aïeule. Un tremblement de terre fendit le sol en trois gouffres là ou le dieu frappa. Et le tiers du monde s’éleva de cent mètres alors que les deux autres tiers s’enfoncèrent de la moitié. Sous le poing de Primus, le sol fut si violemment compressé qu’à la verticale du coup la terre se changea en schiste et en quartz. Eventrée par la violence du choc, la mère à venir accomplie son dernier prodige, et dans un tourbillon frénétique elle déchira la substance même du cosmos. Les dieux les plus puissants, et Primus lui-même, furent chassés là ou aucun pas ne saurait mener et les anges et démons inférieurs qui ne purent fuir, furent engloutis dans un magma qui recouvrit chaque parcelle de terre. Dans cet ultime prodige elle expira son dernier souffle versant deux larmes qui enveloppèrent et protégèrent de sa fureur frénétique les deux œufs non encore éclos. Ainsi s’acheva le premier age, abandonné des dieux, les terres entièrement recouvertes de magma et les océans évaporés en d’énormes nuages noirs qui recouvraient la totalité de la voûte céleste.

Le temps qui s’écoula avant que n’éclosent les deux œufs protégés des dieux est inconnu à l’auteur de ses lignes. Cependant il semble crédible de dire qu’il s’étala sur plusieurs millénaires. Car lorsque les deux enfants percèrent leurs coquilles, les nuages étaient redevenus des océans et le magma refroidis était recouvert d’une végétation vivace. Ici débutât ce que l’on appelle le second age, l’age des enfants de l’Aïeule.

Au premiers temps du second age, les deux enfants, frère et sœur, grandirent librement dans une nature sauvage dépourvue de toute forme intelligente. Leur enfance dura plusieurs siècles, mais ils finirent par atteindre l’age adulte. Le mâle se fît appelé Borhgo’omor et développa de magnifiques écailles du plus noble des métaux, alors que sa sœur, qui se prénomma Kahaamarllia, coquette, arborait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Atteignant l’age adulte leurs jeux d’enfants devinrent les jeux de l’amour. Et ils fondèrent leur foyer non loin des lieux ou l’Aïeule fut terrassée. De leur amour naquirent les premiers grands dragons. Mais s’ils étaient chromatiques, ils n’arboraient qu’une couleur, et s’ils étaient couverts de métal, jamais il n’était aussi noble que celui de leur père. Ces enfants qui n’avaient pas hérité du don d’immortalité colonisèrent peu à peu le monde devenu « le plan primaire d’existence ». Aussi, la première période du second age correspond à l’édification de l’empire des dragons. Il est dit qu’il ne fallu pas plus d’un millénaire au peuple dragon pour coloniser l’ensemble des terres et des mers existantes (qui vont probablement bien au-delà des terres portées à la connaissance des cartographes les plus savants). Au centre de cet empire régnait Borhgo’omor et Kahaamarllia son épouse.

La seconde période du second age est appelée la période impériale. Elle ne couvre pas moins de quatre millénaires c'est-à-dire trois générations des dragons les plus robustes. Durant la période impériale les dragons explorèrent l’essentiel des sciences profanes et des grands mystères universels du monde primaire. Parmi eux, le premier fils – littéralement Isd’Gaart – fût le plus zélé et le plus prompt à redécouvrir les chemins de la sagesse jadis acquise par l’Aïeule. Isd’Gaart consacra l’essentiel de son existence à l’édification de la plupart des créatures humanoïdes. Il découvrit qu’elles manifestaient, à chaque nouvelle génération un peu plus d’intelligence qu’à la génération précédente. C’est générations d’humains étaient les pièces d’un jeu d’échec auquel jouaient les déités majeures depuis les plans astraux où ils avaient été repoussés. Que leurs intentions soient louables, comme celle d’Elhonna ou redoutables comme celle de Lolth, Ist’Gaard ne tolérait pas l’ingérence, même lointaine des Dieux sur les terres de l’Aïeule. S’intégrant à ces petites communautés, le premier fils fonda, de ses propres dires, l’ordre des Druides, « pour que ces jeunes êtres intelligents préfèrent la réalité de la nature aux considérations abstraites des divinités ». Les armoiries d’Isd’Gaard (et le langage secret qu’elles utilisent) sont par ailleurs très semblable aux Triskells affectionnés des Druides. Alors qu’il étudiait et enseignait sans relâche les secrets de la nature Isd’Gaart découvrit le grand prodige de l’envol crépusculaire. Ce mystère permet aux enfants de Borhgo’omor arrivés à la fin de leur vie de fuir la mort en se fondant avec la nature (montagnes, lacs et forêts) « pour l’éternité ». Isdt’Gaart utilisa le premier cet enchantement et il devint ainsi le bienfaisant protecteur invisible des terres qui portaient son nom au second age. Il est dit que ces terres étaient au-delà des glaciers du nord, que l’on pouvait voir depuis la demeure du couple impérial. Borhgo’omor profondément affecté par la mort de son premier fils, allait souvent dans les terres d’Isd’Gaart, pour retrouver la paix de l’esprit et du corps.

Apres que bien des enfants naquirent, et alors que les arrières-arrières-arrières petits enfants de Kahaamarllia gouvernaient leurs terres, il arriva ce que ni Borhgo’omor ni Kahaamarllia n’espéraient plus. Un œuf promettait une destinée aussi grande que celle de ses parents. Un dragon allait naître, du même métal que son père. Cet évènement brisa le couple plusieurs fois millénaire. L’équilibre était rompu. Un deuxième dragon de platine régnerait avec Borhgo’omor. Kahaamarllia exaspérée commit l’impensable et c’est à cet événement que l’on date la fin de la seconde période. La dernière période du second age débute en effet avec la grande dissension qui désolidarisa les dragons chromatiques et les dragons de métal. Cette « dissension » traduit en fait une guerre totale, s’étalant sur plus de deux millénaires. Les affrontements débutèrent lorsque Kahaamarllia, l’unique dragon chromatique aux reflets infinis épouse et sœur du tout puissant Borhgo’omor l’unique dragon aux écailles de platine, commit un terrible infanticide en brisant l’œuf non encore éclot. Le jour de l’infanticide, tous les dragons de couleurs se retournèrent contre leurs frères et sœurs de métal. Sous l’effet de la surprise, l’immense majorité des enfants qui avaient hérité des traits de Borhgo’omor périrent. Borhgo’omor lui-même ne survécu qu’au pris d’une fuite qui l’entraîna par-delà les glaciers, jusque sur les terres d’Isd’Gaart où son fils aîné était mort. Il y trouva soin et soutient auprès des elfes, des humains et des nains qui vivaient là. Bohgo’omor se résolu a enseigner les mystères de la magie aux elfes, l’art de la chevalerie aux humains et les secrets de la guerre aux Nains. Utilisant les services de ses petites créatures, il parvint à rassembler ceux de ses enfants qui avaient survécut et ensemble ils organisèrent leurs défenses. Finalement, avec l’appui de ses enfants fait de métaux nobles, mais aussi de troupes elfes, humaines et naines aguerries, Borhgo’omor parvient à restaurer son empire sur sa demeure et Kahaamarllia fût à son tour chassée. Cette victoire, toutefois, fut acquise au prix du trépas plus grand nombre des enfants du couple… Les notes de sir Darckoon rapportent à ce propos que probablement moins d’un dragon sur mille survécu au second age, qu’il soit de couleur ou de métal.

Ainsi ce conflit conduisit à l’extinction de l’immense majorité des sujets du peuple draconien et il se termina avec le retour de Borhgo’omor dans la « première demeure » dont il parvient à chasser Kahaamarllia et son engeance monochromatique. Au terme de cette guerre fratricide le scribe Visixx Xiffiv rapporte que Bohgo’omor sembla se désintéresser de sa demeure et de toute chose ici bas. Il laissa les créatures humanoïdes s’emparer des lieux et se partager ses propres terres, n’intervenant que lorsque les rivalités tournaient aux conflits armés.

Mettant en lumière les grands moments de l’histoire de notre monde, l’auteur espère mettre un terme aux mensonges et aux inepties qu’utilisent les orateurs malveillants pour tromper l’ignorant. Les dragons ne bâtirent pas le monde, ils en furent seulement les premiers colons. Ils glorifient leur défunte Aïeule pour nous avoir offert de connaître le monde qu’est le notre, et elle est morte pour cela. Et finalement, s’il faut retenir quelque chose de l’histoire des dragons, c’est que la guerre et la consanguinité les ont mené à la ruine et à l’extinction. Tâchons d’emprunter un chemin différent. Pour conclure ce propos voici la traduction (nécessairement malhabile) de quelque uns des vers de La Dernière Divination : le Crépuscule d’Isd Gaart :
«
_(A l’heure où)_lassitude_(l’obscurité)_tristesse_(envahi mes yeux)_épuisement_(je renonce)_culpabilité_(enfin)_perte.
_(Mon corps)_souffrance_(s’éteint)_tristesse, _(mais contre toute attende)_surprise_(je touche au but)_joie.
_(L’éternité)_joie_(s’impose bruyamment)_force,_(et mon cœur se galvanise)_joie_(d’une énergie inouï)_surprise.
_(Me voici sur le dos)_confusion,_(immergé dans)_calme_(des eaux limpides)_liberté,_(jeune et fort)_joie.
_(Mon ventre effleure)_plaisir_(le parterre des vagues)_joie_(que je survole)_liberté.
_(Au-delà de mes épaules, s’offre)_générosité_(l’azur sombre et l’infini)_force_(des profondeurs)_liberté.
_(Véloce)_puissance, _(mon corps)_liberté_(ondule entre les icebergs)_curiosité, _(gigantesques cumulus)_calme_(qui reposent)_paix_(sous les flots)_joie.
_(Je partage)_fraternité_(cet instant éternel)_joie_(avec ma belle)_amour_(et mon cœur s’enfle d’orgueil)_plaisir.
_(Dans ce souvenir)_perte_(je touche)_plaisir_(l’éternité)_amour.
_(Cette éternité)_gloire, _(je la partage avec le porteur d’eau)_fraternité_(qui s’émerveille)_délivrance_(du reflet de la lune dans son sot)_liberté.
_(Cette éternité)_gloire, _(je la partage avec l’enfant)_fraternité_(qui rit à tue-tête)_liberté_(dans les bras de sa mère)_délivrance.
_(Cette éternité)_lassitude_(se fond aux sanglots)_tristesse_(de mon Aïeule)_épuisement, _(et je décide d’en faire aujourd’hui )_culpabilité_(mon ultime logis)_perte.
»